Tout le trajet, il observa attentivement la carte, comme s'il pouvait en apprendre plus. Puis, une fois rendu, il tendit un billet au chauffeur, le remerciant et lui précisa de conserver la monnaie. Il habitait sur l'île de Manhattan même, dans l'
uptown et plus précisément dans l'Upper West Side
. Il avait eu la possibilité de s'installer dans l'Upper East Side, mais il n'aimait pas particulièrement le snobisme qui en ressortait; encore moins l'éloignement de Morningside Heights et de Harlem, qu'il avait appris à apprécier durant ses études et avant sa prise en charge de l'image de la compagnie. Il n'avait, malgré tout, pas lésiné sur l'appartement; un magnifique loft à la décoration moderne et soignée; on y trouvait malgré cela un coin plus juvénile où certains posters de groupes musicaux et de films cultes remplaçaient les cadres.
Il s'aventura vers une étagère. Il ouvrit une porte, en tira un verre au fond plat, mais à la forme arrondie et une bouteille de rhum brun. Il s'installa devant son bureau, puis versa un fond de la substance acajou dans le verre. Il consulta son audiothèque et choisi une pochette de laquelle il tira un CD qu'il déposa aussitôt dans le lecteur. Il sélectionna ensuite le numéro voulu et laissa faire ses merveilleuses enceintes qui auraient coûté trois mois de salaire à quelqu'un faisant 40 heures semaines au salaire minimum. Le morceau fit lentement irruption dans le silence avoisinant. Terry tournait et retournait la carte dans sa main droite et tenait le verre de l'autre. Il porta à ses lèvres une gorgée du liquide cuivré, ce qui eut pour effet de lui tirer une grimace, comme toujours.
Il devait aller à ce rendez-vous. On ne refuse pas une invitation si... Sensuelle. Enfin, on le devrait lorsqu'on est un pseudo-politicien lobbyiste à la solde d'une entreprise qui génère un bon paquet d'oseille, mais la vanité de Terence l'empêchait de croire qu'il se faisait manipuler. Elle avait dû succomber à son charme. On étais-ce plutôt lui qui était tombé sous les battements de paupières de cette Valentina? Une hypothèse lui semblait plus crédible, mais la fatigue brouillait son jugement.
La symphonie allait crescendo. C'était
Neige d'André Gagnon, un pianiste de renom international originaire du Canada, plus particulièrement du Québec, qu'il avait connu lorsqu'un étudiant japonais lui avait fait écouter le morceau - il fallait dire qu'André Gagnon avait eu plus de succès au Japon qu'en Occident - et il était subitement tombé sous le charme.
Il renfloua son verre, enfin, le fond de son verre. Si son père découvrait qu'il buvait ce qu'il considérait comme un infecte produit tiré de la canne à sucre au lieu de bons produits du Royaume Uni tel le Scotch écossais, il le renierait sur le champ.
Il irait... dormir. Trop exténué pour se poser plus de question, il convient qu'il irait au
Tomorrow's Light à 21h30 rencontrer cette étange blonde.
Il ne se brossa même pas les dents, il glissa sous les couvertures et aussitôt, il dormait. Le CD continuait à rouler et il passa une nuit étrange. Agité, mais chaleureuse... Il revoyait le baiser et doucement, son esprit en fit un souvenir subjectif; il lui fit oublier cette petite piqure au début...
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[HRP] A suivre dans le sous forum Brooklyn ; sujet [Tomorrow's Light] Un mystérieux rendez-vous. [/HRP]
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"Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré" - Montesquieu
Santé : */7
Volonté : 2/6