Red Sight

Chronique du Monde des Ténèbres, Jeu de rôle par forum.
 
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 [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée

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Liz



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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Mer 7 Mar - 22:53

Je hochai la tête en silence à la réponse du Chroniqueur : évidemment que je ferais attention à mesurer mes paroles avec eux ! Pour qui me prenait-il ? Enfin, au moins, il avait daigné répondre à ma question, ce qui laissait supposer que notre petit différend lors de ma présentation à l'Ordre ne l'avait pas autant froissé que ce qu'on aurait pu croire.

Je cherchai alors Luigi des yeux, curieuse de savoir pourquoi les Cartiens souhaitaient éloigner l'attention de lui. Je m'apprêtai d'ailleurs à demander au Chroniqueur pourquoi "l'infant de Lucinda" suscitait tant de passions quand je fus coupée dans mon élan par Nik Korda. Et voilà que l'interrogatoire continuait de plus belle. Bien.

Je ne savais pas pourquoi, mais je n'avais guère envie de mentionner le nom de Phinnaeus en plein Elysée. C'était lui qui avait "sauvé ma non-vie", si je pouvais m'exprimer ainsi, et qui m'avait permis de me retrouver sous la protection du Seigneur Vitaly, et je ne souhaitais pas qu'il se retrouve en mauvaise posture par ma faute. Peut-être bien que mentionner son nom n'aurait rien changé pour lui et que les vampires new-yorkais se fichaient royalement de savoir qui m'avait menée jusqu'ici, mais je ne tenais pas à courir le risque. Je décidai donc de répondre de la façon la plus vague possible :

Comment je me suis retrouvée à New York ? Je crains qu'il n'y ait pas beaucoup d'autres destinations pour un vampire fraîchement étreint qui tente de fuir sa vie d'avant et les menaces qui pèsent sur lui. La plus grande ville du pays. La plus cosmopolite. C'est un choix judicieux, non ?

Je me tournai aussitôt vers Garza, ajoutant avec un sourire narquois :

Et je tiens à vous rassurer : non, je n'étais pas victime d'une chasse au sang, à la Nouvelle-Orléans.

J'affirmai cela avec aplomb, mais en réalité, je n'en avais strictement aucune idée : après tout, après que j'ai quitté la ville, le Baron Cimetière ou le Prince Vidal avait peut-être décidé de me faire pourchasser. Mais ce n'était plus mon problème.

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Mer 14 Mar - 1:18

Garza ne réagit pas. Il n’avait plus le moindre aplomb depuis que le Cardinal Redeemer l’avait pris à partie. De toute façon, c’était Nik Korda qui avait maintenant la parole.

_ "Un choix judicieux, certes. Même si j’aurais personnellement opté pour Los Angeles, une ville plus ensoleillée" plaisanta le meneur des Cartiens. Nombreux furent ceux qui s’amusèrent de cette boutade, adoucissant par la même l’atmosphère qui était encore bien pesante. Mais là-haut, sur les balcons, tous affichaient un maintien inébranlable, soulignant l’importance de ce qui devait se jouer ici.

_ "Trêve de plaisanteries mes amis, évoquons plutôt ce qui nous captive tous" reprit Korda d’une voix bien plus solennelle. A nouveau, ses yeux vinrent trouver ceux de Jean. "Car sachez, mademoiselle, que vous êtes la bienvenue à New York." Il engloba ensuite du regard toute la cour pour finir par s’arrêter sur le Seigneur Vitaly qui se trouvait non loin de lui. "Ce qui intrigue la noble assemblée ici présente réside dans le fait que nous nous interrogeons tous quant aux raisons de la réclusion de notre jeune sœur… Car cela fait plus de quatre mois que vous êtes son geôlier Seigneur Vitaly. Pourquoi nous avoir ainsi privé de sa compagnie ?"

Une fois de plus, le silence gagna le grand Hall. Au vu des visages de certains, nombreux étaient les damnés qui s’étonnaient de la bravade de Korda, du fait qu’il ait prit à partie si directement le chef des Dragons. A croire que tous craignaient le Seigneur Vitaly. La réaction de ce dernier ne tarda pas :

_ "Monsieur Korda, la question n’est pas tant ; pourquoi ces quatre mois ? Mais ; pourquoi aujourd’hui ?" déclara Vitaly, serein. Il accaparait l’attention de tout le monde lorsque après un court moment, il continua. "Parce que Liz est prête ; prête à servir la Famille tout en étant bien loin de nos interminables conflits politiques. Et c’est ce dont nous avons besoin à présent. Nous sommes tous conscient du climat actuel, qui est pour ainsi dire laborieux. Liz, elle, est on ne peut plus… appropriée. C’est une infant parfaitement capable, car formée par mes soins." Dans l’assemblée, il était clair que certains comprenaient mieux que d’autres ce que disait le meneur des Dragons. "Croyez bien que je ne me suis pas déplacé pour assister aux querelles et autres doléances infantiles qui constituent les Elysées" conclut le Seigneur Vitaly.

Bien des damnés échangeaient des regards ainsi que de discrets commentaires. Alors qu’un léger sourire se dessinait sur ses lèvres, la Reine Rouge pour sa part se contentait d’assister à la scène. Elle regardait déjà Korda quand celui-ci parla :
_ "Mais pensez bien que nous vous sommes reconnaissants de votre présence parmi nous." Il affichait un air déterminé. "Quoi qu’il en soit, je me permets de noter que vous avez magistralement éludé ma question. Mettons donc pour l’instant de côté l’inexorable chaos que vous mentionnez pour en revenir à cette séquestration en nous adressant à la principale intéressée" lança Korda sur un ton léger. Il se tourna alors vers Jean avant de reprendre. "Liz, je vous serai reconnaissant si vous nous disiez ce qu’il en a été pour vous de ces quatre derniers mois…"

A nouveau, on attendait que Liz prenne la parole.
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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Mer 14 Mar - 14:27

« Permettez moi d'interrompre, » lance the Chronicler en se levant une fois la phrase de Korda terminée. « Avant de laisser parler notre sœur, j'aimerai éclaircir quelques points de la question de Monsieur Korda. Non pas que je sous-estime les capacités de Liz à répondre d'elle-même, » ajoute-t-il en lui accordant un signe de tête, « mais par pur sens du devoir de ma part, qui veille à la bonne intégration de notre sœur dans notre communauté. »

Il fait une légère courbette à la Reine ainsi qu'à Corda avant de poursuivre.

« Tout d'abord, je me dois de corriger l'usage que vous faites du mot « séquestrer ». Ce terme signifie « Tenir illégalement enfermée une personne », sous-entendu contre son gré. Si Liz a été retenue un seul instant contre son gré, alors j'ai passé ces derniers mois à sommeiller. »

Il marque une pause, essayant d'effacer toute trace d'ironie de son visage.

« Ensuite, vous semblez citer le Seigneur Vitaly, qui aurait soi disant mentionné un « inexorable chaos ». Peut-être sont-ce là des mots que vous avez échangés en privé avant l'Elyzée, car à nul moment ils ne figuraient dans ses paroles. »

Il se tourne alors vers la Reine et effectue une nouvelle révérence.

« Veuillez pardonner cette interruption, votre altesse, venant d'un humble serviteur des mots et de la langue, qui pense que de simples erreurs de compréhension peuvent ensuite causer bien des tracas. »

Il se rassoit alors sans adresser le moindre regard à quiconque. Il espère tout de même que son interruption, qui ne fera qu'envenimer sa relation avec Korda, a laissé le temps à Liz de préparer une réponse acceptable.

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Mer 14 Mar - 16:28

Tout le monde regardait le Chroniqueur. Le fait qu’il ait ainsi pris la parole pour corriger le leader du Mouvement Cartien sembla en étonner plus d’un.

_ "Tenir illégalement enfermée une personne ?" dit Korda avant que quiconque ait eu le temps de s’indigner. "Il est vrai, monsieur Everheart, que le terme séquestré n’est pas adéquat, puisque pour être emprisonné il faut avoir été libre au préalable. Car avant qu’elle ne rejoigne votre Ordre, c’est sur les choix que Liz a eu, ou pas, que l’intérêt de notre Famille se porte…"

Des murmures naissants témoignaient de l’attention que de nombreux damnés portaient à la déclaration de Korda. On pouvait voir plusieurs personnes hocher la tête en signe d’approbation, notamment parmi les Cartiens et la Lancea Sanctum.

_ "Quant à l’avertissement que j’ai cru relever dans les dires de votre Seigneur…" reprit Korda. Il exécuta une légère révérence à l’intention de Vitaly pour ensuite poser son regard sur Mark avant de continuer. "… Mettez cet interprétation sur le compte des longues conversations que nous échangeons depuis fort longtemps en qualité d’Anciens. Nous sommes plusieurs à savoir de quoi il retourne, et il est certain que vous n’êtes pas au fait de tout mon cher Chroniqueur…" Ecartant les bras, il s’adressa alors à tout l’Elysée. "Et puis mettons de côté les ressentiments que nous nous portons les uns les autres, et qui sont si désagréables au Seigneur Vitaly, afin de nous concentrer sur des interrogations que nous partageons tous."

Nik Korda souriait. Pour autant, il n’affichait pas une attitude hautaine. Cet homme paraissait toujours aimable et étrangement authentique. Nul n’oubliait pour autant qu’il était l’un des vampires les plus importants de la Grande Pomme, le deuxième pour ainsi dire.

_ "Alors Liz… Nous vous serions gré si vous pouviez satisfaire notre curiosité."
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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Mer 14 Mar - 19:33

Je fulminais intérieurement : quand cette mascarade cesserait-elle ? Que voulaient-ils ? Briser le Seigneur Vitaly ? Me faire perdre pied ? Avec tout cet interrogatoire stupide, j'en arrivais à me méfier de n'importe quelle question, même la plus innocente. Je remerciai le Chroniqueur d'un signe de tête pour avoir pris ma défense. Mais mes convictions étaient tout de même ébranlées parce que disait Korda : il était vrai qu'on ne m'avait guère laissé le choix de ma ligue, ni celui de mon mentor. Mais d'un autre côté, je faisais confiance à Phinnaeus, et les préceptes des Dragons étaient si proches de mes idéaux, que je n'aurais pu choisir meilleur camp.

Je haussai les épaules et m'adressai à l'ensemble de la cour :

Comme l'a souligné le Chroniqueur, je suis loin d'avoir été sequestrée par le Seigneur Vitaly... Tenue à l'écart, très certainement. Car il m'a fallu du temps pour m'adapter à ma nouvelle condition : le Seigneur Vitaly a été assez généreux pour me consacrer le sien. Quatre mois... Je me demande même si c'est suffisant pour apprendre tout ce qu'un nouveau-né doit savoir pour se comporter dans la société qui sera désormais la sienne. S'il n'avait tenu qu'à moi, j'aurais probablement même passé beaucoup plus de temps sans voir qui que ce soit. Car peut-être dois-je vous rappeler ce que l'on ressent pendant les premiers mois qui suivent son Etreinte...

Je marquai une pause : les longs discours n'étaient pas mon fort, mais je me sentais comme une envie de faire dans le dramatique...

Peut-être avez-vous été Etreints il y a si longtemps que vous ne vous souvenez pas de cette sensation d'être arraché à son monde, en plus d'être arraché à sa vie ? Vous perdez tous vos repères. Cette vie douillette qui était la vôtre disparaît en un claquement de doigts. Vous vous retrouvez seul dans votre malheur. Dans cette non-vie que vous n'avez jamais souhaitée... Le choc est grand. Difficile à encaisser. Après cela, vous n'avez guère envie de vous heurter à la masse de ceux qui sont désormais vos semblables. Un temps de recueillement est nécessaire, ne serait-ce que pour faire le point sur soi-même, et pour enfin parvenir à accepter la réalité, à l'intégrer, à la comprendre.

Nouvelle pause. Heureusement que je n'avais plus de souffle, sinon je l'aurais repris à ce moment précis.

Si vous comprenez tout cela, alors vous comprendrez à quoi j'ai bien pu consacrer ces derniers mois.

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Ven 23 Mar - 18:05

_ "Il n’est pas aisé de porter son propre deuil Liz, j’en convient" déclara Nik Korda en s’appuyant sur le balcon. Du regard, il parcourut le grand Hall. Il ressemblait alors à un politicien derrière son pupitre quand il s’adressa à toute l’assemblée. "Et bien je crois que nous en avons finit avec ces formalités. Notre curiosité a été en partie satisfaite, quant au reste… nous avons tous nos secrets. Notre Famille a donc la chance de compter deux nouveaux membres !"

Nik Korda se mit à applaudir, suivit de près par le reste de la cour. On avait pu voir certains hésiter tandis que d’autres battaient des mains tout en gardant l’air sévère qu’ils affichaient jusque là.

_ "Etant donné que personne ne souhaite poser d’autres questions à l’attention de Liz et de Luigi, peut-être pourrions nous aborder l’actualité ?" demanda Korda en s’adressant à la Reine et en hochant la tête en signe de déférence.
_ "Il est grand temps" répondit la Rouge. "Dites nous tout sur l’incident du cimetière de Greenwood Nik."

La seule voix de la Reine suffit à faire taire les quelques chuchotements qui continuaient ici et là. A présent, tous levaient la tête, le regard rivé sur les balcons.

_ "Donc, bien que vous en ayez déjà eu probablement vent, sachez que deux de nos frères ont rencontré la Mort Ultime il y a maintenant une semaine…" commença Korda avant qu’on ne l’interrompe brutalement.
_ "Veuillez cesser de parler en notre nom à tous Korda, c’est désobligeant" lança Damien Edward Johnston, le leader de l’Invictus. "Vos acolytes ne sont pas tant mes frères que de vulgaires chiens indignes d’intérêt."
_ "Damien… Je ne vous avais pas remarqué ainsi perdu parmi votre plèbe. Nous sommes tellement habitués à ce que vous nous surplombiez de votre grandeur" dit Korda. Pour la première fois, son ton était clairement emprunt d’ironie. "Toujours est-il que je suis ravi de voir que vous êtes au mieux de votre forme."
_ "Ce qui n’est pas le cas de Clark et de Simmons" rétorqua Johnston, sourire aux lèvres. "Mais croyez moi ; tout le monde s’en moque éperdument ! Ce qui est important, c’est de savoir si ces idiots ont mis la Mascarade en péril, ce qui ne m’étonnerait point de la part de vos laquais."
_ "A mon humble avis, c’est le responsable de la mort de mes regrettés partisans qui représente une menace. Car excusez du peu, mais l’interdiction de meurtre que notre Reine a instauré a tout de même été bravée" déclara Korda. "Quant à la Première Tradition, sachez qu’elle est sauve, ce que j’aurais déjà expliqué si vous ne m’aviez pas si vulgairement interrompu. Il est de notoriété publique que Sir Damien Edward Johnston dénigre ses prochains, mais laissez moi tout de même m’interroger sur le peu d’intérêts que vous portez aux acteurs de cet inquiétant événement."
_ "Qu'insinuez-vous Korda ?" demanda Johnston. Sa voix se fit plus ferme. "Si vous pensez que je suis derrière la mort de ces infants, c’est que vous êtes encore plus sot que je ne le pensais. Vous m’accusez vous est facile, cela vous permet de mettre de côté votre incapacité à diriger correctement le territoire qui vous a été gracieusement confié. Car dois-je rappeler que Brooklyn est votre tenure ? Ce qui…"
_ "Brooklyn, ainsi qu’une bonne partie du Bronx" coupa Korda avant de continuer posément. "Je choie les présents de notre Reine activement, et vous êtes bien mal placé pour parler des gestions de territoire l’ami…"

Korda et Johnston continuait de s’envoyer des fleurs tandis que l’Elysée assistait à leur querelle. Ils furent les deux seules personnes à ne pas voir la Reine Rowan faire un pas avant pour prendre la parole :

_ "Messieurs" souffla-t-elle. Sa voix, bien que semblable à un murmure, fit cesser sur le champ la dispute entre Korda et Johnston. Les deux hommes se tournèrent vers elle pour s’incliner. "Pourrions nous revenir à ce que je vous ai demandé Nik" reprit la Reine avant de s’adresser au reste de l’assistance. "A présent, que personne n’interrompe monsieur Korda avant qu’il n’ait finit son récit."

Fidèle à l’invitation de leur Reine, toute l’attention de l’assemblée était alors portée sur le leader du Mouvement Cartien. Nik Korda laissa la parole au damné qui se tenait juste à côté de lui ; son bras droit Igor Flerko (Ventrue), l’Ancilla en charge du secteur où se situait le cimetière de Greenwood. Ce dernier commença à expliquer de quoi il retournait...


* * *

Clark (Daeva) et Simmons (Gangrel) étaient deux nouveaux-nés, respectivement étreints depuis treize et vingt-et-un ans. Toujours fourrés ensemble, ils rencontrèrent la Mort Ultime dans le cimetière de Greenwood, huit jours avant l’Elysée. Ils auraient été éliminés par une seule et unique personne. Comment le savait-on ? Quelqu’un avait assisté à la scène. Heureusement, Flerko prit vite les choses en main et s’arrangea pour couvrir l’événement. Ce ne fut pas difficile car le témoin était une junkie âgée d’une vingtaine d’année connue des forces de l’ordre et qui n’avait donc aucune crédibilité. Inutile de dire que personne ne la crut lorsqu’elle raconta qu’elle avait vu deux types se transformer en poussière sous les coups d’un troisième larron. Les contacts des Cartiens finirent d’enterrer cette affaire. Ce qui était donc maintenant le plus important était de savoir qui était à l’origine de l’agression. Tout portait à croire qu’il s’agissait d’un damné. Comment un simple mortel aurait-il pu rivaliser avec deux vampires ? Quant au signalement de l’agresseur, il était bien trop vague pour en tirer quoi que ce soit. Le père de Clark, Glenn Tillman (Invictus), ressentit la perte de son infant, mais l’appel du sang ne lui procura rien de plus que l’image d’une silhouette qui correspondait au témoignage de la camée.

Alors que Flerko racontait tout cela, seule la Reine l’interrompit parfois pour lui poser quelques questions. Toutes n’avaient pas de réponses. Alors, pour la première fois de la soirée, les leaders de toute les Ligues se mirent d’accord pour diligenter une enquête digne de ce nom. La Reine souhaitait savoir qui avait violé ses lois afin de prendre les mesures adéquates.

S’en suivit une discussion sur qui mèneraient ces recherches. Après quelques échanges houleux entres Anciens, la Reine Rouge trancha. En tant que nouveaux venus, Liz et Luigi feraient partie du groupe d’investigation car ils devaient faire preuve de leur utilité aux yeux de la Famille. Le Chroniqueur fut également retenu suite aux remarques que les Cartiens et la Lancea Sanctum firent quant au manque d’engagement de l’Ordo Dracul dans la politique new-yorkaise, profitant de la présence du Seigneur Vitaly. Aussi calme qu’à l’accoutumée, ce dernier accepta sans ciller. Enfin, Nik Korda proposa un nouveau-né Cartien pour aiguiller tout ce petit monde dans les quartiers de Brooklyn. L’infant se nommait Benedict, une armoire à glace avoisinant les deux mètres, étreint au milieu des années quatre-vingt-dix. Le groupe était formé !

La Reine Rowan confia tous ces nouveaux-nés au bon soin de Bickle (Gangrel), le Préfet. Il s’agissait d’un homme qui semblait on ne peut plus ordinaire si ce n’est qu’il était plutôt mal fagoté pour quelqu’un de son importance, et membre de l’Invictus de surcroît.

Alors que les désignés volontaires quittaient le grand Hall, l’Elysée continuait. Redeemer avait pris la parole se plaignant du manque de foi de certains et déjà, Hadiya s’apprêtait à l’interrompre. Comme d’ordinaire, chacun allait faire valoir ses intérêts. La politique reprenait de plus belle…

Les jeunes damnés, eux, s’éclipsèrent donc en compagnie du Préfet. Ils se dirigeaient vers le temple de Dendour, là où Bickle allait leur expliquer la marche à suivre pour répondre aux attentes de la Famille.
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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Sam 24 Mar - 0:10

Une fois le danger passé, the Chronicler peut se détendre quelque peu. Et bien que la joute verbale qui se déroule au dessus de leurs têtes l'intéresse au plus haut point, au moins, il ne se sent plus tant ciblé, et s'il avait un coeur, celui-ci battrait sûrement plus calmement à présent.

Une fois que les rôles sont répartis par la Reine, the Chronicler fait une moue sardonique. Ca, vous pouvez faire confiance aux anciens pour déléguer les basses besognes aux nouveaux-nés. Pas un seul Damné de plus de quinze ans dans l'équipe. A eux quatre, ils n'atteignent même pas l'âge du plus vieux des vampires massacrés par ce mystérieux assassin. Vivement que lui-même soit suffisament agé pour déléguer les tâches. Il pourra ainsi enfin se concentrer sur ses recherches et laisser ces corvées aux autres.

Telle est sa pensée lorsqu'ils progressent dans les couloirs vers le temple de Dendour à la suite de Bickle. Il profite du trajet pour glisser à Liz.

« Cela aurait pu être pire. Vous ne vous en êtes pas trop mal tirée, Liz. »

Puis se tournant vers Luigi, il poursuit :

« Je me nomme the Chronicler, M. Capitani, et je vous souhaite la bienvenue dans la famille, bien que votre accueil n'ait pas été très chaleureux. Cette façon qu'a eu Korda de vous ignorer... J'espère que ce la ne vous a pas blessé. »

Il marque une pause avant de poursuivre avec un regard en coin au colosse qui les accompagne.

« Mais en même temps, et sauf votre respect, M. Benedict, à votre place, je n'en attendrai pas plus de beaucoup de Cartiens, M. Capitani. »

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Sam 24 Mar - 1:03

_ "Va chier bouffon !" lâcha Benedict à l’attention du Chroniqueur. Le Cartien se plaça à côté de Luigi, manquant de peu de pousser Mark.

_ "N’écoutez pas ce que vient d’vous dire ce travelo Mr Capitani. Au contraire, Mr Korda m’a chargé de vous faire savoir qu’il vous rencontrera en personne un peu plus tard dans la soirée" reprit Benedict en s’adressant à Luigi.

Le Préfet Bickle, lui, continuait d’avancer comme si de rien n’était, les mains dans les poches et les épaules avachies. Apparemment il se moquait éperdument de ce qui se passait derrière lui. Il devançait les nouveaux-nés de quelques pas, sans jamais prendre la peine de se retourner.
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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Sam 24 Mar - 11:43

The Chronicler lâche un rire sarcastique en plaçant sa main devant sa bouche. Les insultes l'ont toujours fais beaucoup rire, car elles montrent le manque d'auto-discipline et de maîtrise de soi d'une personne, révélant aisni sa faiblesse lorqu'elle croit prendre le dessus. Alors qu'il répond, il utilise la puissance de son sang Daeva qui s'insinue dans ses paroles dirigées tant à Luigi qu'à Benedict.

« Merci de soutenir mes dires, M. Benedict, mais je ne vous en demandais pas tant. Comme vous le voyez M. Capitani, rafinement et pôlitesse sont des dons que certains des nôtres ont abandonnés depuis un moment. Je ne doute pas qu'étant donné votre clan, vous saurez faire preuve d'un peu plus de diplomatie. »

[Jet de Présence + Expression + Majesté (-1 pour les 2 cibles) : 3 succès]

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Sam 24 Mar - 12:10

Au moment où le Chroniqueur se mit à parler, le Préfet tourna la tête pendant quelques secondes pour regarder du coin de l’œil ceux qu’il escortait. Il n’arrêta pas pour autant d’avancer, se contentant de passer sa main derrière sa tête pour se frotter la nuque.

Le cortège réduit arrivait dans la section dédiée aux antiquités égyptiennes quand Benedict s’adressa au Chroniqueur :
_ "J’suis peut être pas diplomate, mais au moins quand j’insulte quelqu’un je le fais ouvertement !" lui dit-il, le visage déformé par un rictus. Benedict marqua une courte pause avant de regarder à nouveau Le Chroniqueur. "…Baltringue."

Citation:
Benedict : 3 en Calme / Luigi : 3 en Calme = Echec de la Révérence. Pour info, tu ne le savais peut–être pas mais il est interdit d’utiliser des disciplines au sein d’un Elysée, point commun à une grande majorité des cours vampiriques...
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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Sam 24 Mar - 17:38

Avant de quitter le grand hall, Luigi avait lancé un regard perdu à Lucinda, un regard d'animal qu'on conduit à l'abattoir et qui embrasse une dernière fois de son oeil tendre le fermier qui l'a élevé.

En marchant, Luigi répondit au Chronicler, l'air absent, un brin désemparé.

Je suis gré à monsieur Korda de m'avoir tenu à l'écart des querelles de cour... ou de basse-cour, de l'Elysée. Je vous remercie néanmoins de votre accueil. Je tenais aussi à vous féliciter, mademoiselle Liz, d'avoir su garder votre sang-froid sous le flot de questions impertinentes qui vous est tombé dessus. Je suis convaincu que d'autres n'auraient pas eu votre délicatesse.

Puis, à Benedict:

Monsieur Korda veut me rencontrer en personne? Voilà un honneur dont je me serai passé. Un leader Cartien qui veut rencontrer un Nouveau-Né de l'Invictus... on pourrait penser qu'il y a anguille sous roche. Puis-je savoir sur quoi portera cet entretien?

Luigi parlait machinalement, il regardait les antiquités égyptiennes avec beaucoup d'intérêt. Décidément, les membres de la Famille ne perdaient aps de temps pour le mêler à leurs problèmes. Alors que le temps... c'était bien la dernière chose dont ils avaient à se soucier désormais. Il avait trouvé l' Elysée à la fois fascinant et terrifiant. Un beau panier de crabes...

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Dim 25 Mar - 3:23

_ "Ca n’a rien à voir avec nos Ligues. Il veut simplement vous faire part d’une info’ que la Famille s’est abstenue de vous dire et qui vous concerne directement" répondit Benedict. Il marchait à côté de Luigi sans trop regarder où il mettait les pieds. Il faisait tout pour accaparer l’attention du récent membre de l’Invictus. "Il vous expliquera ça bien mieux que moi. Et vous pouvez être sûr qu’il vous veut pas le moindre mal Mr Capitani."

Monsieur, voilà un mot qui sonnait étrangement dans la bouche de Benedict. C’était un peu comme imaginer un colossal Biker tatoué des pieds à la tête boire un lait fraise... En gros ; ça ne lui correspondait pas.

Quant au Préfet Bickle, il continuait d’avancer, imperturbable, toujours aussi insensible aux merveilles que recelaient les différentes vitrines qui l’entouraient. Les damnés rentrèrent dans un grand couloir où on pouvait lire sur un écriteau : Début de la la XVIIIème dynastie.
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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Dim 25 Mar - 13:38

Cette réponse laissa Luigi perplexe. Qu'est-ce qui pouvait bien le concerner, lui, le nouveau-né insignifiant qui s'était forcé à ne pas faire de vague. Etait-ce en rapport avec Lucinda? Ou avec la mort des deux vampires dans le cimetière de Greenwood? Quoiqu'il en soit, il paraissait clair que Benedict ne voulait pas en dévoiler plus devant les autres. Il verrait donc de quoi il en retourne en temps voulu.

Plus pour faire la conversation que parce que ça l'intéressait, Luigi dit:

Et vous, monsieur Bickle... quel est votre sentiment sur l'affaire de ces deux Damnées qui ont rencontré leur Mort Ultime au cimetière de Greenwood?

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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Dim 25 Mar - 18:10

_ "Mon sentiment est que vous allez régler ça au plus vite" dit le Préfet sur un ton impassible. Le son de sa voix était rauque. Cela accentuait la froideur qu’affichait Bickle, comme le fait qu’il ne s’était même pas retourné pour répondre à Luigi. Inlassablement, il progressait d’un pas décidé parmi les antiquités égyptiennes, les nouveaux-nés lui emboîtant le pas.

Benedict regarda Luigi et haussa les épaules en réponse à la réaction du Préfet. Il se pencha ensuite pour murmurer à l’oreille de celui qu’il appelait Mr Capitani :
_ "J’savais que c’était pas un marrant mais quand même…"

Alors que dehors la pluie frappait les carreaux d’une baie vitrée démesurée à travers laquelle on apercevait Central Park, le groupe de damnés arrivait à destination.

Le temple de Dendour était impressionnant. Depuis que l’Egypte l’avait offert aux Etats-Unis en 1965, il reposait dans ce qui ressemblait à une immense serre. L’endroit était tellement grand qu’on y avait construit une sorte de piscine avec en son centre une île sur laquelle se trouvait le temple. Dans l’eau peu profonde qui entourait donc le monument, on voyait de nombreuses pièces jetées par des touristes qui avaient dû confondre l’endroit avec la fontaine de Trevi à Rome… Mais cela n’atténuait en rien l’attrait du lieu qui mêlait harmonieusement l’architecture moderne et le temple égyptien.

Arrivé devant deux statues colossales, le Préfet Bickle mit soudain fin à sa marche. Il se retourna mollement pour se retrouver face aux jeunes vampires qu’il regarda, les passant rapidement en revue. Il leur fit un signe de tête avant de prendre la parole.

_ "Infants, vous devez impérativement apporter des réponses aux interrogations que l’affaire de Greenwood a entraîné" annonça ça Bickle, l’air nonchalant. "Des questions ?"
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Liz



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MessageSujet: Re: [Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée   Dim 25 Mar - 23:09

Après que la salve de questions se fut achevée, je laissai la tension se relâcher peu à peu. Mine de rien, cet entretien avait été plus éprouvant que je ne le pensais.

Lorsqu'on nous assigna la mission d'enquêter sur les deux damnés qui avaient subi la mort ultime, j'hésitai entre l'enthousiasme et la méfiance : cela faisait plus de quatre mois que j'avais abandonné mon ancien boulot, et la perspective d'être à nouveau plongée dans tout ce que j'aimais n'avait rien pour me déplaire. Mais cette enquête ressemblait tout de même beaucoup à un rite initiatique ou un test destiné à prouver notre valeur... Et cela m'enchantait beaucoup moins. Savoir que des dizaines de vampires seraient à l'affût de nos moindres faits et gestes pour guetter les faux-pas, cela n'avait rien de réjouissant...

Mais pour l'heure, je me contentai de me perdre dans mes pensées et de suivre le petit groupe qui allait constituer ma nouvelle équipe d'enquêteurs. Je remerciai hâtivement le Chroniqueur et Luigi de leurs félicitations, puis je me mis à suivre la conversation d'assez loin, tout en contemplant les oeuvres d'art devant lesquelles nous passions.

Mes nouveaux compagnons de route formaient un ensemble assez hétéroclite : entre un daeva imbu de lui-même, une armoire à glace plutôt stupide aux ordres de Korda et un pauvre nouveau-né sur lequel planait un mystère... Je ne savais guère où cela pouvait nous mener. Sans compter le peu aimable préfet...

Je les laissai se battre entre eux au sujet des qualités de leurs ligues respectives et je ne pris la parole que lorsque nous fûmes arrivés au temple de Dendour, quand Bickle s'adressa à nous.

Moi, j'ai une seule question : nous laissera-t-on agir comme nous le voulons, pour que l'enquête avance au plus vite, ou devrons-nous nous référer à un supérieur hiérarchique et suivre des ordres précis qui pourraient entraver la marche des choses ?

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[Metropolitan Museum of Art] Un premier Elysée

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